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montagne Pyrénées Voyage sur les 212

montagne Pyrénées Voyage sur les 212

LÀ-HAUT, DANS L'AUTRE MONDE : LE CÉLÈSTE VOYAGE


LÀ-HAUT, DANS L'AUTRE MONDE : LE CÉLÈSTE VOYAGE


"Voyage sur les 212" est un nom aérien, qui emporte et qui nous tient particulièrement à coeur car il évoque à la fois l'esprit du projet et l'esprit qui, de manière générale, nous habite lorsque nous montons en altitude.


Le "voyage" : pour la plupart des dictionnaires, ce mot résume le fait de partir loin de chez soi.
Dans notre langage courant contemporain, il désigne a priori un déplacement "horizontal".
Le "Voyage sur les 212" est en contradiction avec le déplacement horizontal puisqu'il désigne un déplacement vertical, cependant en total accord avec les dictionnaires, car il s'agit bien de partir, loin, dans cet "autre monde" qu'est la haute-montagne. La façon de s'y déplacer, l'isolement, le minéral, la faune, la flore, le climat... la beauté, la pureté et l'exigence décuplées... la présence du vide, l'absence du vice... rien n'est semblable au "monde d'en bas", même l'air y est différent ! Il semblerait que le mot "voyage" ait même été inventé par les alpinistes : bien qu'une cime puisse être visible depuis sa fenêtre, cet autre monde ne s'atteint pas du jour au lendemain. À notre époque, il est même souvent bien plus long et ardu de fouler un sommet que de changer de continent.

Cette notion "d'autre monde" que l'on atteint verticalement se retrouve très souvent chez Gaston Rébuffat, aussi bien dans ses textes que dans ses films :
"La haute-montagne est un monde au-dessus du monde." ; "après avoir rêvé de l'horizon, j'ai rêvé des grandes lignes verticales"... Lui qui aimait tant la nature, grand amoureux de la montagne qui savait la partager avec la qualité rare de savoir "donner envie d'y aller". Le "petit prince" devint son surnom après sa mort et à partir du moment où la NASA l'envoya dans l'espace - célèbre cliché du pic de Roc au sommet duquel il se tient avec la fierté naturelle de l'Homme à l'aise, heureux dans son monde. Quel meilleur terme que celui de "voyage", pour résumer la vie de ce baroudeur des parois, qui l'auront mené - passant par les Alpes et l'Himalaya - des calanques marseillaises à la galaxie...
De même, dès le début de son histoire, Patrick Berhault évoquait l'alpinisme comme un voyage à la fois extérieur et intérieur, allant encore plus loin que le "petit prince" en parlant de "voyage dans le voyage" : "C'est un voyage dans le voyage, le fait de grimper. Tu as le déplacement où tu vas découvrir par exemple une nouvelle montagne, une nouvelle vallée que tu ne connais pas encore, et ensuite tu as le fait de grimper. Ce sont des choses qui te demandent vraiment d'être très concentré parce que tout ce que tu fais est important voire vital. Il faut vraiment que tu sois à ton truc, et donc pendant un moment ça te sort naturellement du monde. Tu t'extrais." Pensée amplifiée au fur et à mesure des années : connaissant les Alpes comme sa poche, il consacra pourtant les 10 dernières années de sa vie à développer ce concept de "voyage" en montagne dans ce massif, avec notamment sa traversée des Alpes et sa tentative d'enchaînement des 82 4000m alpins. "Ceux qui pensent que tout est fait dans les Alpes me font sourire. Ils manquent de réflexion. Il reste plein de problèmes, tu peux remplir ta vie d'aventure ici, sans aller chercher ailleurs."
Est-il nécessaire de clôturer ce paragraphe sur le voyage en altitude en parlant de Reinhold Messner - première ascension sans oxygène de l'Everest ; premier homme (sur 23 actuellement) à avoir gravi les 14 sommets de plus de 8000m... - légende vivante des plus hautes montagnes du monde ? Cet homme pour qui une ascension est un voyage extérieur autant qu'intérieur qui permet de parvenir à une "osmose avec le cosmos" ?

Ces trois modèles, et plus particulièrement Gaston Rébuffat et Patrick Berhault, ont beaucoup inspiré le nom de ce périple. Sachant que le projet rend hommage à ce dernier... on ne pouvait pas trouver mieux.
Il est évident que toute l'originalité et la force de ce nom réside dans la contradiction qu'il provoque : les Pyrénées sont notre "jardin". Certes c'est un territoire immense qu'il est toujours difficile de connaître comme sa poche, mais ce sont des montagnes que nous connaissons très bien, où nous habitons, travaillons et crapahutons sans cesse. Toute la magie de la montagne réside en cela : l'altitude compense la latitude et très vite, sans s'éloigner "horizontalement", on voyage "verticalement".
Bien que se déroulant "à la maison", cette aventure est une grande évasion dans l'isolement de l'altitude, 212 fois à plus de 3000m.
"Que la montagne est (encore plus) belle"... lorsque l'imagination est grande !

Romain Da Fonseca :
"Ces trois projets dans les Pyrénées me font monter toujours un peu plus haut. Après deux traversées, une dans chaque sens, la première à 19 ans mais sans sommet ou presque, la seconde avec plus de 60 sommets dont 33 3000m, j'ai fait le tour des "voyages horizontaux", tout en gagnant progressivement de l'altitude. Il s'agit maintenant de se concentrer uniquement sur la hauteur, sur le "voyage vertical", pour boucler la boucle et clôturer cette trilogie pyrénéenne. "Voyage sur les 212"  est un nom d'une grande profondeur céleste qui m'inspire complètement. Je pense qu'il pourrait happer n'importe quel amoureux de la montagne !"

CLIN D'OEIL À UNE ÉTOILE


"Une étoile est née. De temps à autre, une nouvelle étoile naît dans le firmament de l'alpinisme. [...] il semble que pour cet été 79, Chamonix ait trouvé son phénomène en la personne de Patrick Berhault, 22 ans. Dans la vallée, on ne parle plus que de lui, et pourtant l'on ne voit guère son nom dans les journaux." Magazine Alpinisme et Randonnée n°11, septembre 1979, page 23. Voici le titre et le début du premier article sur Patrick Berhault, symbole de son passage immédiat d'alpiniste anonyme à montagnard célèbre. "On risque de reparler de Patrick Berhault !" conclu l'article.
Effectivement, durant 25 ans on parla de plus en plus de lui, pour finalement garder son souvenir comme exemple éternel.
De 79 à 85, s'entraînant au début avec son "frère de coeur" Patrick Edlinger, il enchaîne des ascensions alpines en des temps record.
De 85 à 90, il signe le "Manifeste des 19" (texte de 85 rejetant la pratique de l'escalade en compétition, qu'il sera le seul à respecter) et quitte La Turbie (proche de Monaco) avec sa compagne Christiane Bizeray et sa fille Coralie pour s'installer en Auvergne : il y retape une ferme, tour à tour maçon, charpentier, paysan... façonnant son mythe de "guide-paysan". C'est aussi la naissance de sa deuxième fille, Flore. Dans la même période, à la recherche de l'esthétique gestuelle, il se consacre à la "danse-escalade".
À partir de 1990, c'est son grand retour à la montagne avec le passage de son diplôme de guide. Il partage son temps entre expéditions en Himalaya, en Amérique latine, son rôle à l'ENSA et son objectif de revitalisation du monde rural par le loisir.
À partir de 1995, son projet consiste à développer l'alpinisme comme "voyage" : c'est le début de ses enchaînements et la naissance de sa légende.
En 2000-2001, à 43 ans, Patrick Berhault traverse les Alpes en gravissant les parois les plus difficiles (22 ascensions majeures). C'est pendant ce projet que naît la cordée mythique Berhault-Magnin.
En 2004, il meurt en Suisse sur l'arête du Täschhorn, après avoir enchaîné avec Philippe Magnin 65 sommets de plus de 4000m sur les 82 des Alpes... L'étoile est partie pour sa dernière ascension le 28 avril 2004.

Pour le "Voyage sur les 212", à un ou deux ans près il fallait choisir une date. Entre empressement et contraintes diverses, c'est tombé sur 2014. Mais l'envie de rendre hommage à ce géant était présente bien avant que le projet ne voit le jour. L'aventure et la date s'y prêtant à merveille, c'était l'occasion idéale. Parfois, le hasard fait parfaitement bien les choses !
Exactement 10 ans après sa disparition, avec le soutien de sa famille - ses filles Flore et Coralie et sa compagne Christiane Bizeray - nous partirons pour l'ascension des 212 sommets de plus de 3000m des Pyrénées. Pour lui, pour sa famille. Aussi pour "poursuivre" cette pratique libre et créative de la montagne que certains incarnent mais que seul lui a su mettre en évidence.

Romain Da Fonseca : "Bien que le précurseur en la matière se nomme Paul Preuss (début XXème siècle) et qu'il y ait toujours eu de belles choses, pour moi - à notre époque où la majorité des sommets de la planète ont été conquis et la plupart des voies ouvertes - le véritable inventeur de la montagne "artistique" et de cette idée optimiste de création perpetuelle, c'est Patrick Berhault. Entre "danse-escalade" et enchaînements esthétiques, il a toujours su lier expression et beauté : ça s'appelle "l'art", c'est durable et j'y suis très attaché. Patrick Berhault étant pour moi un exemple d'humanité, je tenais à l'intégrer dans ce projet. De là-haut, ce sera mon petit clin d'oeil à l'étoile."


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